À Montpellier, une maison d’Église contre l’isolement urbain

Dans une ville à l’urbanisation galopante, L’Escale – Maison Saint-Jean Baptiste assure une présence catholique et un accueil bienveillant, via une offre riche d’activités.

Dans le quartier moderne de Port Marianne à Montpellier, seul un héron qui s’ébroue vient rompre le silence du bassin Jacques Cœur. Il est 10h et chacun a pris sa place dans les bureaux feutrés d’immeubles design, là où il y a quelques décennies à peine, il y avait encore des vignes. Le visiteur qui franchit la porte de l’Escale – Maison Saint-Jean-Baptiste, située au pied d’un immeuble d’habitation et signalée par une croix colorée, est tout de suite frappé par la joyeuse agitation. Pendant que le café coule et que certains discutent d’un futur groupe de prière pour les plus précaires, des rires fusent depuis l’atelier d’aquarelle. Conçue dans la lignée des maisons d’Église, ces nouvelles formes d’implantations ecclésiales au cœur des villes, L’Escale vient de fêter sa première année d’existence. Véronique Angevain, l’une des laïques en charge du projet porté par l’association paroissiale Saint Jean-Baptiste du Lez, s’attelle à définir un concept encore mouvant : « Nous ne sommes ni une annexe de la paroisse ni avons pour mission de ramener vers elle des personnes éloignées de l’Eglise. Nous sommes un lieu de vie de quartier et de vie chrétienne, qui essaie de répondre au besoin de vivre-ensemble de ses riverains ». 

Lire la suite en cliquant ci-dessous (La Vie du 12/03/2020)

Des compliments en classe et des bulletins comme jamais !

Dans les Hauts-de-Seine, nous avons mis nos pas dans ceux de Jean-Baptiste de La Salle, le fondateur des frères des Écoles chrétiennes qui, dès le XVIIe siècle, a semé un réseau éducatif des plus vivaces

« On leur donne de l’amour et elles poussent. Elles ne râlent pas,
ne polluent pas. » Assise dans la serre pédagogique de l’ensemble scolaire La Salle, à Igny (Hautsde-Seine), Clara chouchoute géraniums, framboises et surfinias blancs. Mains rougies par la terre, regard bleu perçant.


L’élève en première année de bac professionnel, mention horticulture, a pas mal butiné avant de se poser chez les frères des Ecoles chrétiennes. Aujourd’hui, elle apprécie de pouvoir étudier dans un cadre privilégié. « On n’est pas considérés comme des petits élèves à qui il faut bourrer le crâne. Les professeurs ne nous prennent pas de haut et ne sont pas avares en compliments. Je n’avais jamais eu un bulletin pareil », confie-t-elle en souriant.

« Nous avons beaucoup d’élèves en difficultés scolaires, qui ont des a priori négatifs sur l’Éducation nationale, précise Julien Martin, formateur en aménagement paysager. Quand on leur dit que ce qu’ils font est bien, ils sont souvent étonnés. On essaie vraiment de les revaloriser, de leur redonner goût à l’apprentissage ».

Lire la suite de l’article ci-dessous (La Vie du 17/10/2019)

L’écran méchant loup

Troubles de l’attention et du sommeil, addiction… La surexposition des enfants et des adolescents aux technologies numériques peut devenir un casse-tête. Comment mieux en encadrer l’usage ?

De l’agilité déconcertante avec laquelle les tout-petits manipulent la technologie, Mathilde a des exemples quotidiens. Lorsque son fils Marcel, 6 ans, parvient en quelques secondes à déverrouiller son Smartphone et à activer la lampe de poche là où elle avait échoué, elle dissimule difficilement ses sentiments mêlés de fierté et d’inquiétude : « Il n’essaye pas encore de tricher, mais il faudra vite mettre en place des systèmes de contrôle pour l’empêcher d’accéder à des contenus choquants. »

Jeux vidéo, poser les limites

À l’école aussi, le recours précoce aux écrans désarçonne les parents. « En CP, la maîtresse a mis en place des techniques éducatives qui passent par les tablettes, poursuit Mathilde. Je suis assez perplexe : c’est nécessaire, vu le monde dans lequel les enfants grandissent, mais ça me paraît tôt et ça génère le réflexe des écrans. » Un réflexe qui devient habitude. D’après Médiamétrie, 46% des 15-24 ans en France sont connectés sur leur Smartphone entre 18 heures et 22 heures. Confrontés à des mécanismes dont ils ignorent souvent les conséquences, les parents tergiversent. À plus forte raison face aux jeux vidéo.

Lire la suite dans La Vie n°3864 du 19 septembre 2019

Après le chemin de l’exil, celui de l’école

Aux portes de Paris, à Saint-Denis (93), l’école Thot a mis au point un enseignement à destination des exilés, qui mêle cours de langue et accompagnement social, culturel et professionnel.

Quand je vois cette oeuvre, j’ai envie de sourire. Je la trouve douce », articule lentement Mohamad Moussa, devant une photo de La Joconde. Le Tchadien de 24 ans est arrivé à l’école Thot de Saint-Denis, il y a cinq mois, en ignorant tout de l’alphabet latin. Aujourd’hui, il copie consciencieusement ses réponses. « On ne s’en rend pas compte parce qu’on baigne dedans depuis toujours, mais notre façon d’enseigner et d’évaluer est hyper formatée. En plus de la langue, il y a tout un tas de codes à intégrer », explique Karine Richarme, professeure de français langue étrangère (FLE).

Thot, du nom de la divinité égyptienne du savoir, est l’une des rares associations d’Île-de-France à préparer les demandeurs d’asile et réfugiés aux diplômes de français, à travers des programmes intensifs et gratuits.

Lire la suite ci-dessous (article publié dans La Vie du 30/05/2019)

Justine Hugues Thot La Vie

“Les grâces passent entre les religions”

© Robert Kluba/ Réa pour La Vie

Depuis 2008, le Groupe d’amitié islamo-chrétienne organise une marche vers Chartres au printemps. Retour sur cette initiative qui fait écho à la nécessaire (re)construction d’une société ouverte et solidaire.

« Je ressentais le besoin de nous rassembler sur le temps long, autour de moments spirituels », se remémore Khaled Roumo, à quelques jours du départ, le 28 avril. C’est en 2007 que le poète et chercheur d’origine syrienne, encouragé par Norbert Ducrot, ex-président du Mouvement international des responsables chrétiens, et Hubert de Chergé, administrateur du Groupe d’amitié islamo-chrétienne (Gaic), a l’idée de lancer un pèlerinage vers Chartres, qui réunirait chrétiens et musulmans. Depuis lors, ce rassemblement, organisé dans le cadre du Gaic, réunit chaque année une centaine de pèlerins, catholiques et musulmans pour la très grande majorité, juifs et protestants dans une moindre mesure.

Sous le regard de Marie-Maryam

Le programme commence par une marche de 10 km au départ de Saint-Prest (Eure-et-Loir). « C’est sans complexe que l’on aborde des personnes que l’on ne connaît pas, et avec joie que l’on retrouve les participants des années précédentes », s’enthousiasme Hubert de Chergé. Lors d’une pause à mi-parcours, bercés par le bruit du cours d’eau qu’ils longent pendant près de deux heures, les pèlerins récitent des prières de l’Évangile et du Coran. 

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À Lyon, des Escales solidaires pour créer du lien et favoriser l’insertion

© Habitat et Humanisme

Dans les 3e et 6e arrondissements lyonnais, deux espaces accueillent les riverains autour de tables solidaires et ateliers d’accompagnement socioprofessionnel. Objectif : incarner le mot « mixité ».

« Partage et convivialité », peut-on lire en grosses lettres bleu roi sur la devanture. En jetant un œil curieux à l’intérieur, depuis la rue Tronchet du sixième arrondissement lyonnais, canapés colorés et plantes touffues, baignés dans la lumière chaude de suspensions en verre, nous invitent à entrer. Bienvenue à l’Escale solidaire du 6 ! Tous les « passagers » sont invités à descendre et prendre le temps d’échanger.

Imaginé par la branche rhodanienne de l’entreprise sociale Habitat et Humanisme, l’espace, inauguré en avril 2018, « vise à donner aux résidents de notre parc immobilier une place dans la société, qui va bien au-delà d’un endroit où dormir au chaud », selon Matthieu de Châlus, directeur général d’Habitat et Humanisme Rhône. Le tiers-lieu rejoint ainsi sa sœur ainée, l’Escale solidaire du 3, qui a ouvert ses portes il y a plus de 20 ans dans l’arrondissement voisin. « Derrière le mot escale, il y a l’idée d’un endroit où l’on vient se ressourcer, où on a toujours pied sur des mers agités et d’où l’on repart à l’aventure dans son chemin d’insertion », souligne le trentenaire.

D’après un rapport de la Fondation de France, 5 millions de personnes sont seules dans l’Hexagone et un Français sur 10 se sent exclu, abandonné ou inutile. L’Escale solidaire serait-elle la première marche pour sortir de l’isolement ? C’est en tout cas ce qu’ambitionnent la poignée de salariés et la centaine de bénévoles mobilisés sur le projet.

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