Kyoto et Nara: le Japon des temples

Cinq jours après notre arrivée au Japon, toujours le même constat: les japonais sont incroyablement sympathiques et dévoués. Dans la salle d’embarquement où nous prenons notre bus de nuit direction Kyoto, l’hôtesse se confond en excuses pour nous avoir fait patienté (pour information: nous sommes là depuis 10 minutes et le bus est parfaitement à l’heure). Hier dans la rue, sous l’injonction de l’un d’entre eux, les cantonniers arrêtent d’élaguer les arbres à notre passage (dès fois qu’une feuille d’érable nous tomberait dessus et nous tuerait sur le coup) et nous gratifient d’un « have a nice trip ». Comme le répète souvent Agathe: ce pays est formidable.

Kyoto grouille de monde et d’animation. En ce dimanche d’octobre où nous y arrivons, les japonais se plaisent à enfiler les traditionnels kimonos et aller parader ainsi aux abords des temples. Il faut dire que la ville en regorge, plus d’une centaine rien que dans le centre ville, de toutes sortes et de toutes tailles. Nous déambulons dans ce labyrinthe, d’abord en suivant le guide, puis un peu au hasard, et la plupart du temps en cherchant à dénicher le moindre temple gratuit. Avec Marie, nous nous perdons à plusieurs reprises, elle peine à trouver la sortie d’un cimetière, tandis que je ne sais plus dans quelle annexe du sanctuaire je me trouve. Dans le quartier traditionnel où oeuvrent les geishas, nous tentons d’en repérer quelques unes. Or, nous apprenons que certaines japonaises, tout comme elles le font avec les kimonos, se plaisent à se déguiser en geishas. Nous traquons donc démarche (pas évident de marcher avec les typiques sandales en bois sans avoir l’air d’un canard) et allure pour repérer les vraies des fausses. Le soir de notre arrivée, nous visitons Fushimi Inari Taisha, réputé pour ses milliers de portes rouges formant un chemin sur la colline où le temple est construit. Le spectacle est saisissant, surtout au crépuscule. Les portes créent des sortent de couloirs qui débouchent sur des petits « autels » et partout des statues de renards tenant dans leur gueule la clé du grenier. La divinité japonaise Kami Inari symbolise en effet la protection des céréales, et plus particulièrement du riz.

A Kyoto, nous faisons la connaissance de notre premier hôte japonais. Akio, une trentaine d’année, webdesigner, qui vit dans un adorable appartement avec sa femme et sa petite fille de six mois. A l’instar de ses pairs, il déborde de gentillesse et de bienveillance. Le lendemain de notre arrivée, nous partons tous les trois à vélo poursuivre notre tour des temples,  notamment le Kinkaku Ji, pavillon entièrement recouvert de feuilles d’or, et le Ryoan-Ji, célèbre de par son jardin, considéré comme l’un des chefs d’oeuvre de la culture zen japonaise.  Juste quinze pierres sur des petits galets (pas même de petit râteau à proximité pour faire des dessins, c’est scandaleux!) et pourtant une atmosphère particulière s’en dégage. Marie en sortira stone une bonne partie de la journée. Il est très agréable de se promener à vélo dans Kyoto, malgré nos craintes initiales sur ce que le sens de la circulation inversé pourrait nous faire commettre comme bourdes fatales.  Comme il y en a énormément, le cycliste a ici un statut privilégié, il peut même à sa guise rouler sur les trottoirs et zigzaguer à toute vitesse entre les piétons, sans que cela n’offusque personne.

Après un dernier jour à Kyoto à visiter la Bambouseraie, nous arrivons à Nara, ancienne capitale du Japon, haut lieu de culte, tout comme Kyoto. Nara comporte la même densité en temples mais sur un territoire beaucoup plus réduit. L’essentiel est concentré dans un grand parc où gambadent à leur guise des daims « sacrés ». Enfin surtout sacrément apprivoisés et affamés. Ayant attiré l’un d’eux alors que je n’avais rien de comestible à lui proposer, il se venge en commençant à dévorer mon Lonely Planet. S’en suit une lutte acharnée de quelques minutes, chacun tirant de son côté, lutte que j’ai finalement glorieusement remportée sans trop de dommages pour le guide (Mum doit certainement lire ça avec un regard horrifié).

Il y a à Nara l’un des temples en bois les plus grands du monde, abritant l’un des bouddhas les plus grands du monde. Nous étions sceptiques, connaissant la tendance du guide à abuser des superlatifs, quel que soit le pays. Et pourtant l’ensemble est réellement majestueux. Si ce n’est le plus grand du monde, c’est en tout cas le plus grand de la sorte jamais vu pendant ma courte vie :). A l’intérieur, des groupes d’écoliers se pressent et les flashs crépitent de tout bord. La légende veut que si l’on passe dans un trou de 50 cm creusé dans l’un des piliers du temple, cela garantit notre éveil à vie. Effrayées par la queue, nous n’avons pas tenté l’expérience, mais le réveil est quand même très facile aujourd’hui. Pour nos quelques jours nippons restants, direction Osaka pour un nouveau sanctuaire et la fête d’Halloween et enfin Kobe, pour le charme de son port et de son boeuf. Enfin ça c’est Marie qui nous le confirmera.

 

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