Tokyo sous la pluie (mais avec le sourire)

Dans l’avion déjà nous avons un bon pressentiment: les hôtesses de la JAL sourient beaucoup trop par rapport au plaisir qu’elles peuvent raisonnablement prendre en distribuant des écouteurs. Confirmation à l’arrivée quand le moindre employé de l’aéroport fait des courbettes et révérences à notre passage. Les japonais seraient-ils donc tous incroyablement souriants et bienveillants?

Le long trajet jusqu’au centre ville (plus d’1h30) se passe sans encombre, bien que le nombre de lignes et compagnies de train possibles soit impressionnant et les indications aux couleurs criardes sur les panneaux de signalisation perturbantes..

Je retrouve Agathe avec joie, près de 8 mois après qu’elle ait quitté la France. Elle est ici comme un poisson dans l’eau. Petite, mince, avec un gout prononcé pour les aliments à la texture étrange et un côté exubérant, elle se fond à merveille dans la population tokyoïte. En soirée, elle nous raconte son quotidien, attablée devant des fèves de soja, des boulettes de pâte de riz et du faux camembert fondu.

Le lendemain, nous partons toutes les trois à l’assaut des différents quartiers de Tokyo, notamment le quartier geek. A chaque coin de rue, il y a des « pachinko », sortes de salle de jeux très enfumées, dont le niveau de décibels pourrait rendre sourd quiconque en quelques minutes. Nous contemplons un couple de jeunes japonais vider leur tirelire dans une machine qui donne beaucoup de Kit Kat et de rares montres parlant comme des fantômes (?!?). Quelques mètres plus loin, plusieurs quinquagénaires font la queue, toujours pour essayer de gagner les mêmes montres parlantes. Agathe, lorsque son niveau de japonais le lui permettra, s’est jurée d’enquêter sur cette espèce bizarre, et je pense que les résultats seront éclairants. Lors de notre seconde soirée, nous faisons l’expérience du karaoké, sortie très populaire pour jeunes et moins jeunes. Pour la modique somme de 25 euros, on peut louer un box toute la nuit et avoir des boissons et de la glace à la vanille à volonté. Agathe nous en a parlé deux minutes après notre arrivée la veille, c’est dire si elle trépigne d’impatience. Effectivement, en sortant de là, à quatre heures du matin sans avoir vu le temps passer, pas complètement ivres mais continuant à fredonner dans la rue, nous sommes décidées à exporter ce modèle en France, en remplaçant la glace à la vanille par des pistaches.

Les japonais sont souriants mais ils sont un peu trop accros aux gadgets. Ici il nous faut oublier la question « à quoi ça sert ça? » car la réponse est presque toujours la même: « à rien pardi ». Quand on se rend aux toilettes publiques, on peut appuyer sur un bouton pour avoir en fond sonore l’imitation du bruit d’une chasse d’eau et on peut également prendre l’option bidet (avec la jolie icône illustratrice qui va avec). J’ai testé les deux; le premier m’a fait bien rire, le second m’a fait ressortir trempée des pieds jusqu’à la taille.

De manière générale, il y a dans la ville une flopée de magasins de mangas et de jeux en tous genres. Certaines figurines coutent plusieurs centaines d’euros, peut être à cause du sabre que certaines tiennent dans les mains ou parce que d’autres sont des robots?

Il y a également pas mal de temples, depuis les minuscules du quartier de Yanaka jusqu’au majestueux Senso Ji. Les japonais jettent de nombreuses pièces avant de faire leur prière et sont également friands des « mikuji », petits papiers qu’ils tirent au hasard après avoir secoué des baguettes en bois dans une boite, et qui indiquent leur bonne ou mauvaise fortune. Les bons sont accrochés sur des fils créés à cet effet, les malheureux mauvais finiront brulés pour enrayer le mauvais sort.

Si les premiers jours ont été consacrés au Japon moderne et urbain, nous partons dès demain à la découverte de villes plus traditionnelles et lieux de cultes historiques: Nikko puis Kyoto et Nara.

 

 

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One thought on “Tokyo sous la pluie (mais avec le sourire)

  1. Coucou les filles, merci encore pour le fabuleux récit de vos aventures. Un petit point m’a interpellée : quand tu vas aux toilettes publiques au Japon, ce n’est pas ‘tu peux’ appuyer sur le bouton pour imiter le bruit de la chasse d’eau, mais ‘tu dois’ le faire, car si j’ai bien compris Amélie Nothomb, il faut masquer le bruit du pipi qui tombe dans l’eau, parce que si quelqu’un l’entend tu es déshonorée, c’est le comble de la vulgarité. Qqn qui a vécu au Japon m’a dit aussi que là-bas il est bien élevé de prendre des pastille de chlorophylle car ça donne une bonne odeur à ce qu’on laisse aux toilettes. Voilà c’etait ma petite contribution à votre découverte de la culture japonaise!

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