Ya ni ga va ru pa rouss kiy

Ca veut dire « je ne parle pas russe » et c’est la seule phrase qu’on a réussi à maitriser-non sans peine-après trois journées moscovites. Il faut dire que la langue russe est assez complexe. Comme toute langue à déclinaisons, un mot s’écrit et se prononce différemment selon sa fonction dans la phrase. Il en est de même pour les noms propres. Aussi, que l’on veuille dire « avec Justine », « de Justine », « chez Justine » ou « c’est Justine », et bien le suffixe sera différent. Et comme on ne reconnait même pas la racine, on est complètement perdues (vous aussi d’ailleurs alors que cet article se veut écrit en langue française).

Moscou d’un point de vue linguistique est donc difficilement accessible. Pour parvenir à déchiffrer les noms des stations de métro, écrits en cyrillique, et donc trouver celle à laquelle on doit descendre, on doit généralement s’y reprendre à plusieurs fois. Mais comme s’écoulent systématiquement près de cinq minutes entre deux stations, on a tout le loisir de froncer les sourcils et de rester béates, le nez devant notre plan. Moscou est immense. Dix fois la superficie parisienne. Déjà de longues heures de marche derrière nous et une tendinite en gestation pour Marie. Ne vous fiez pas au « non ce n’est pas loin » d’un russe; ce sera au bas mot à 45 minutes, et j’exagère à peine. Parfois, en empruntant les passages souterrains pour traverser les artères à 6 voies, on a l’impression d’être sorties de la ville, alors qu’on est encore dans le centre. On a donc tantôt une sensation euphorisante de liberté, tantôt l’impression qu’on n’arrivera jamais nulle part.

Contrairement aux clichés sur les vestiges de l’époque soviétique, Moscou n’est pas grise, elle est colorée. Surtout de par les dômes des églises qui rivalisent en couleurs criardes et vis à vis desquelles on est intarissables en comparaisons. « On dirait la maison d’Aladin » – « Mais non plutôt un berlingot » – « le pantalon d’Obélix? »- « ou bien des boules de Noel ». C’est très joli et on a l’impression de croiser des Kremlin à chaque coin de rue. Les parcs sont omniprésents. Le moindre square d’immeuble prend des allures de forêts.

Moscou est accueillante. Mis à part les caissières qui sont globalement antipathiques, les habitants sont curieux, ouverts et généreux. Généralité peut être mais nous avons déjà noué des liens avec plusieurs autochtones. Nina (elle n’est pas vraiment russe mais presque) et Serguey qui nous hébergent tout à tour, Vladimir et Oleg qui prendront une demi journée pour nous montrer leurs endroits préférés, Dimitri qui parle trois mots d’anglais mais essaiera de nous raconter sa ville, les attentats de 2010, les coutumes, les endroits où sortir. Et puis tous ceux qui nous ont aidé à retrouver notre chemin.

Moscou est historique et me donne la même sensation qu’en visitant Berlin: chaque lieu fait l’objet de nombreuses anecdotes, a été démoli puis reconstruit, à changé de nature plusieurs fois, a souffert et évolue aujourd’hui a une allure folle.

Moscou est surprenante et on est déjà tombées sous le charme. Ici on peut prendre le télésiège pour redescendre de l’université, les messes orthodoxes sont un vrai spectacle avec les fidèles qui font des signes de croix et baisent des icônes toutes les cinq minutes. Ici on accueille les gens chez soi en leur offrant une vodka sur fond d’hymne national, ici on aime bien les français -malgré la pénurie de roquefort dans les supermarchés- alors nous on s’y sent bien!

 

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5 thoughts on “Ya ni ga va ru pa rouss kiy

    • Hey Alex !!!
      Merci 🙂
      Tout va bien pour toi? Tu as toujours la trace de ma cigarette écrasée sur ta main? 😉

  1. Doucement sur la vodka Justine hein? ce n’est que le début! pas envie de retrouver une vieille alcolo dans 1 an! 😉

    • Mais Hugues qui t’a dit que j’allais vite sur la vodka? Je raconte la tradition, et non pas que je m’y suis pliée 🙂 J’espère que tu vas bien. Bises

  2. Beaucoup d’églises et de mosquées lors de vos deux prochaines destinations…
    très bon pour ta spiritualité Justine.

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